« Blas-blas » et témoignages…

Il nous a semblé intéressant de partager quelques réflexions glanées au fil du temps et des rencontres.

Les doubles « casquettes », ça existe vraiment

J’en fait partie… Il est étonnant d’intégrer le fait de penser différemment.
Ma plus grande surprise fut certainement de découvrir que bien que me sachant HP et « Dys » en tout genre, ce n’est qu’à 45 ans que j’ai intégré ce que cela signifie réellement face à l’autorité enseignante.

Je viens de découvrir ce que veut dire double tâche, double peine… double contrainte et comment, en moi, cela a généré les racines d’un complexe à l’autorité, qu’elle soit parentale, enseignante, ou simplement alter.
Avez- vous déjà entendu parler des « complexes » ?

 Extrait de l’article : Génial, j’ai des complexes, Revue Nexus 100 (sept-oct. 2015)

« Tresser ensemble » 
Le terme « complexe » provient d’un verbe latin réunissant les racines cum (avec) et plecto (tourner, rouler, entrelacer, tresser), indiquant l’action de « tresser ensemble ». Cela signale bien que des « nœuds psychiques » sont constitués d’une sorte de tissage ou d’entrelacs composites d’émotions et de souvenirs. Je les comparerais volontiers à une toile d’araignée, accrochée à différents points d’appui, et qui entre en vibration […].
M. Rosselet-Capt

Il est difficile de concevoir que l’on peut ne rien comprendre tout en découvrant que l’on a finalement tout compris…
Je m’explique : le cerveau des personnes à HP fonctionne réellement différemment. Vous y ajoutez un trouble d’apprentissage, cela crée un drôle de mélange et un drôle de rapport à l’enseignant, à l’autorité.
L’enfant à HP sait, il ne sait pas comment mais il sait… en tout cas c’est ce qu’il pense, ce qui dans la plupart des cas se révèle relativement juste.
L’enfant à HP à double casquette sait tout autant que les autres, sauf qu’il sait « les choses autrement »… Sa vision du monde est vaste et sans frontières, sans normes, globalement ouverte… « Un grand fouillis » pense souvent celui d’en face. De bienveillant et compatissant au début, celui-ci devient rapidement normatif et sélectif.
C’est là que le cauchemar commence. Le fonctionnement HP permet à la force du neurone de parfois répondre dans le cadre… L’enseignant face à ce yoyo, entre réponse juste et fausse, va rapidement conclure et juger l’attitude de ce « dilettante sympathique »… cependant dilettante. D’ailleurs, quand il/elle veut, il/elle peut…

Si seulement cela était si simple….

Le trouble met l’enfant face à une réelle incompréhension. Son cerveau créatif va utiliser ses compétences transversales pour amener du sens, et se débrouiller… Chouette !…
Effectivement, sauf que cela ne suit jamais un chemin « standard »… et comme le trouble existe, ce ne sont pas les compétences créatives qui permettent de mettre de l’ordre dans le désordre.

L’enfant, dans son besoin d’être soutenu, va se tourner vers l’autorité… qui ne comprenant pas les résultats en dents de scie, les traits de génie accompagnés de fautes « grossières » de son élève. (manque un verbe. Joy) L’adulte, qu’il soit enseignant, parent, va faire acte d’autorité : ATTENDS :  Je vais t’apprendre… non, pas comme cela… c’est pourtant simple… tu pourrais faire un effort tout de même… hier tu le savais, c’est pas si compliqué…. Finalement ce qui devait être une aide, [sous l’avalanche de ces petites phrases qui semblent anodines, mises bout à bout tel un goutte à goutte] finit par complétement détruire le peu de confiance que l’enfant a de trouver des réponses face à ses difficultés.

A ce stade, plusieurs stratégies sont possibles, toutes ont cependant un élément commun : un méga complexe face à l’autorité.

Ce complexe ne rend pas la vie facile… par contre, il suffit de trouver sur son chemin une personne qui vous ouvre à la reconnaissance de votre fonctionnement, ne prend pas le pouvoir, dédramatise et le tour est joué… enfin presque.
Car pour moi, cela m’a ouvert la porte au fait que je suis capable d’apprendre au côté d’un enseignant à la condition:

  • qu’il soit patient
  • qu’il entende le fait que le chemin qui s’ouvre à moi est atypique, non normatif, peu accessible à sa vision, toujours créatif et qu’il me laisse faire à son côté
  • que s’il m’en laisse le temps, je vais toujours finir par trouver un chemin pour le rejoindre….

LB 17.12.2015

Réalisation : Sur Mesure concept